Édito du Maire de l’Ajolais N°22

Vous venez de recevoir votre facture pour les services de l’eau et de l’assainissement que votre commune assure et tient à conserver en gestion sur son territoire.  Il en sera ainsi, tout au moins jusqu’en 2026, la majorité des élus de notre communauté de communes ayant refusé d’en faire une compétence intercommunale.

Cependant, vous venez de constater une progression conséquente du montant de cette facture. Mon devoir de vérité m’oblige à vous donner toutes les explications concernant ces hausses validées en conseil municipal en décembre dernier après plusieurs mois d’études de la commission des finances assistées d’un cabinet comptable spécialisé.

En effet, chaque fois que l’occasion m’en était donnée, comme à l’occasion de la cérémonie des vœux de janvier, je n’ai jamais manqué d’informer mes interlocuteurs sur la situation de ces deux budgets annexes.

Nous aurions pu tergiverser et attendre encore…  Et encore… une période plus propice pour en rétablir les équilibres.

Nous gérons notre commune et pensons à l’avenir de ces deux services auxquels, comme vous, nous tenons particulièrement.

Il nous fallait donc régler une bonne foi cette situation critique qui ne pouvait plus l’être de manière artificielle.

C’est vrai, tous les élus que j’ai pu connaitre, et moi le premier, étaient fiers d’avoir « une eau peu chère » au Val-d’Ajol.

Mais les temps ont changé.

Des normes chaque jour plus contraignantes, des contrôles toujours plus astreignants, des obligations de toutes sortes plus pressantes ont entrainé une situation financière se dégradant au fil du temps malgré les hausses modiques appliquée sur le tarif du mètre cube.

Il faut aussi ajouter le désengagement des agences de l’eau dont on sait que nos gouvernants ont pillés les financements pour leur trésorerie aux dépens de celle des communes.

Je rappelle en préambule que la loi nous impose que ces budgets soient équilibrés sans faire appel à quelque subvention que ce soit de la part du budget général de la commune.

 -Nous avons pu faire un certain nombre de constats à la lumière de ces mois d’étude :

–Plus l’eau augmente, moins il y a de consommation pour financer le fonctionnement d’un service qui lui reste identique.

–Plusieurs centaines d’abonnés n’affichent pratiquement pas ou peu de consommation.

–La durée des amortissements de nos installations et réseau d’eau principalement, a été, à une époque anormalement longue.  Savez-vous par exemple que nous amortirons jusqu’en 2045 les travaux réalisés en 1945 soit sur 100 ans. Impossible dans ces conditions d’alimenter notre section d’investissement pour remettre à niveau des réseaux obsolètes.

–Par contre les durées d’amortissement des subventions ont été jugées trop courtes.

–Les deux points ci-dessus entrainent forcément des déséquilibres.

–Nos tarifs comparés à ceux de communes semblables, avec autant de kilomètres de réseaux à entretenir et encore à créer, restent dans la fourchette basse

–Plus de 5 millions d’euros d’investissement sont en attente de réalisation des travaux. Les dossiers sont prêts mais sans financements internes et externes.

–Nos capacités d’autofinancement se réduisent régulièrement.

Au regard de la solidarité entre nos concitoyens, (certains n’ayant pas encore le confort d’avoir l’eau courante, ou étant encore distribués par des conduites en plomb) et du changement climatique constaté ces dernières années,  il fallait faire face au constat ci-dessus. Vos élus avec volontarisme, et je les en remercie, on fait preuve de courage pour prendre en cette période des mesures que certains pourraient jugées impopulaires, mais que je qualifierai de responsables.

Elles sont d’ordre financier pour assurer les investissements programmés, l’entretien et la gestion et le bon fonctionnement des installations (dont la station d’épuration qui pèse lourd) :

— en programmant jusqu’en 2025 une hausse maîtrisée du prix du M3 d’eau

–En remplaçant la location des compteurs d’eau par une part fixe forfaitaire à 60€ hors taxes

–en créant pour l’assainissement, comme la loi le permet depuis plus de 10 ans mais jamais appliqué dans notre commune, une part fixe de 50€ hors taxes

–les deux forfaits ci-dessus voulues par le législateur sont destinées à couvrir tout ou partie des charges fixes du service. Il était incontournable de nous diriger vers cette nouvelle formule de tarification.

Ces mesures devront nous permettre de maintenir et d’améliorer pour vous, ces deux services rendus par votre commune et d’atteindre 2026, dans les meilleures conditions possibles même si nous espérons et ferons tout pour repousser la date de prise de compétence intercommunale.

J’espère que vous avez bien appréhendé les enjeux de ces décisions, pas faciles à prendre, auxquelles la situation, conjoncturelle mais aussi structurelle nous a contraint.

Votre maire, vos élus, votre administration communale restent à votre écoute et sont prêts à vous donner sur ce sujet les renseignements complémentaires que vous pourriez attendre.

Bien à vous

J. RICHARD